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12月19日 Du nouveau!Avant de commencer, la plus grande nouvelle du mois… Nous avons Internet à l’appart, même si l’on a bien cru que les techniciens ne viendraient jamais nous installer la ligne. Tout fonctionne donc à la mexicaine, ce qui exaspère parfois notre patience (même celle de Pierre, c’est dire !). Alors désormais, nous ne devrions plus avoir d’excuses pour ne pas vous faire partager régulièrement nos aventures. Il y a une sacrée série de nouvelles photos, certaines un peu dépaysantes, on espère que vous les apprécierez.
Difficile de savoir où commencer. Ces dernières semaines ont été bien remplies. Beaucoup d’escapades, mais aussi du boulot. J’ai commencé mon stage à l’hôpital, aux urgences. Normalement ma fonction est de gérer les situations de stress et d’anxiété. Mais à vrai dire c’est un peu difficile pour le moment et je me retrouve souvent bien démunie, avec toute une série d’infos à gérer et la frontière de la langue. Mais on m’encourage tellement que ça me redonne confiance en moi. C’est un tout autre monde, désorganisé et bruyant, avec des médecins qui tapent encore à la machine à écrire et des patients qui n’ont pas toujours la possibilité de payer leurs soins et qu’on renvoie chez eux. Pour l’instant tout me frustre, un système social si différent qu’il me rappelle combien nous avons de la chance en France, une fonction que je ne peux pas exercer pleinement, des moments de découragements et de remises en question… Suis-je à ma place ou non ? Le manque de personnels conduit à des situations étonnantes… Je me suis retrouvée à assister un accouchement dans un taxi car ni médecin ni infirmières à l’horizon… C’était un peu la panique, je devais être plus stressée que la maman. Enfin, ça a été tellement rapide que j’ai rien eu le temps de comprendre. Ces derniers jours, j’ai quitté les urgences, je suis en pédiatrie dans le service des enfants brûlés. J’y suis beaucoup mieux. Les enfants me demandent si tout le monde parle comme moi d’où je viens, dans ce pays inconnu de l’autre côté de l’océan. Ça les amuse. Moi aussi. Je prends donc mes marques petit à petit. Pierre lui va toujours aussi bien, s’exerce en ce moment à faire des piñatas pour les fêtes de Noël, ce qui ne lui plait pas vraiment à vrai dire mais au moins il apprend les coutumes locales.
En parlant de tradition mexicaine, nous avons été invité aux 15 ans de la cousine d’un copain. Sacrée fête, et, j’avoue, j’étais un peu jalouse de sa robe de princesse et j’aurais bien aimé avoir 15 ans moi aussi… Pour ceux qui ne le sauraient pas, los « Quince Años » se fêtent ici en grand, avec les familles et les amis. L’origine de cette tradition remonterait aux rituels indiens célébrés à la puberté, marquant l’acceptation des responsabilités maternelles pour les filles et guerrières pour les garçons. A 15 ans, les jeunes filles entrent donc à l’âge adulte et sont désormais potentiellement « fille à marier ». Certaines familles modestes économisent pendant plusieurs années pour offrir à leur fille un tel événement, ce qui nous a fait penser en bien des points à un mariage chez nous.
Pour ce qui est des découvertes régionales, nous avons fini par aller à Teotihuacan, dénommée aussi la « Cité des Dieux » et site incontournable du Mexique. Tout y est grandiose, les pyramides… mais aussi les files de touristes qui souhaitent les escalader, ce qui est somme toute un peu moins palpitant que de se sentir les pionniers du lieu. Ça ne nous empêche pas de monter tout en haut nous aussi et d’admirer l’alignement des pyramides qui forment cette puissance cité, qui fut la capitale du plus grand empire précolombien. Les deux pyramides immenses sur les photos sont celles du soleil et de la Lune. Le lieu serait en effet celui de la création du soleil et demeure sacrée de leurs divinités. Vous trouverez aussi une photo de Quetzalcoatl, le serpent à plumes.
Le week-end dernier était un week-end prolongé qui marquait le début des célébrations de Noël. Il s’agissait de célébrer la fête de la Vierge de Guadalupe. Le 12 décembre, nous sommes donc allés au DF pour découvrir un peu plus comment les mexicains célébraient ce genre d’événements. Leur gaieté semble rendre les fêtes catholiques plus populaires et joyeuses que chez nous. Nous sommes étonnées par tant d’effervescences à la Basilica de Guadalupe, qui est le théâtre de dix jours de festivités. Nous y avons vu des groupes de danseurs et musiciens indiens, qui se produisent, parait-il sans interruption, pendant deux jours sur l’immense place. Pour la petite histoire, cette Vierge métisse est apparue en vision à un indien converti et on fit construire une église à l’emplacement de la vision. Guadalupe contribua largement à l’évangélisation des Indiens et fut proclamée en 1737 Sainte Patronne du Mexique pour avoir mis fin à une épidémie de peste.
Nous avons profité de ces quatre jours de congé pour prendre nos sacs à dos et nous éloigner un peu de l’état de Mexico. Nous avons commencé notre chemin par Puebla, ville qui a conservé l’empreinte espagnole avec ses bâtiments coloniaux et toutes ses églises (ils s’en comptent près de 70). Quelques uns des bâtiments sont bordés de « azulejos », sorte de carrelages colorés accolés aux murs extérieurs. Nous avons été jeté un coup d’œil au museo de la revolución, installé dans la maison d’Aquiles Serdan (le nom de notre rue), où se sont déroulées les premières batailles de la révolution mexicaine. Pour l’anecdote, le pauvre Aquiles, qui avait trouvé une cachette sous le plancher de sa maison, a toussé à cause de l’humidité et a été exécuté par les soldats. A dix kilomètres de Puebla, nous avons découvert la plus vaste pyramide jamais bâtie : la pyramide Tepanapa de Cholula (450 mètres de côté pour 65 mètres de haut). A vrai dire, comme vous le verrez sur les photos, il est difficile de distinguer quelque chose, la pyramide est envahie par la végétation, et ressemble plus à une colline qu’à un site archéologique, ce qui nous a permis de comprendre pourquoi il a fallu tant de temps pour retrouver la trace de toutes ces civilisations. Aujourd’hui, la pyramide porte sur son sommet une église. Nous avons quand même pu nous promener dans les tunnels creusés en dessous de la pyramide. Pierre a voulu faire l’aventurier en croquant une sauterelle, « chapulines » et l’a recrachée aussi sec. Et puis, nous avons déniché le bar à baggels du coin et avons fait les gourmands en souvenir des Etats-Unis. Ça change des tacos ! Pour les Rumiliens, vous trouverez une dédicace spéciale dans l’album des photos de Puebla. Même de l’autre côté de l’océan, la pasnaille nous suit.
Nous avons continué notre route vers l’état de Veracruz. En arrivant, Pierre m’a fait sourire en disant que si les paysages, l’accent et le climat changent d’un état à un autre, la conduite des chauffeurs de bus, elle, demeure la même. Je crois que ça résume assez bien la situation :-) Nous avons pu mettre nos pieds dans l’eau du golfe du Mexique et apprécier de délaisser nos pulls pour quelques jours. Dans la séquence souvenir « Et pendant ce temps là à Veracruz… », Pierre tient à faire une dédicace à son cousin Sylvain pour lui dire que les bars ont laissé la place aux hôtels mais qu’il a quand même réussi à trouver les noix de coco… Le soir, nous avons été prendre un bain de foule sur le Zocalo où chantait un des participants de la Star Ac’ locale. Animation assurée.
Le lendemain, nous avons longé la côte et nous sommes arrêtés à Cempoala, important centre totonaque préhispanique. Tout nous a séduit : le cadre somptueux avec ses montagnes en arrière fond et ses palmiers et pyramides en premier plan ; ainsi que les locaux, à l’image des mexicains, gais et généreux, toujours prêts à prendre le temps de discuter avec vous pour vous apprendre les traditions locales. Les « almenas », ou créneaux, constituent l’élément typique du site. Ce site est un havre de paix, sans touriste, au milieu d’un petit village bien loin de la civilisation. Le temps s’y arrête. Ça fait du bien. Nous avons aperçu notre premier iguane, assez impressionnant tout de même. Nous avons aussi pu y déguster des noix de coco offertes par un des guides du site. Il avait l’air tellement content de nous appeler ses « amigos » et de faire tomber les noix des cocotiers pour nous que cette visite restera gravée quelque part dans nos cœurs.
Et enfin, étape finale, El Tajin, après d’interminables heures de bus… Une fois encore, notre patience a été mise à rude épreuve, le bus s’arrêtant à peu près tous les vingt mètres pour déposer ou prendre un passager. Mais ça valait le détour. El Tajin est un site totonaque incroyable et magique au nord de l’état de Veracruz. Son nom signifie tonnerre, éclair ou ouragan à cause des caprices climatiques fréquents dans cette région tropicale. Perdu au milieu de la jungle, El Tajin se découvre au milieu de sa végétation luxuriante. Nous arrivons les premiers sur le site au matin. La brume y est encore présente ce qui rajoute une part de mystère et du rêve. Nous sommes encore plus émerveillés que la veille à Cempoala. Tout semble en harmonie dans cette cité loin des hommes. Nous parcourons ce site de plus de 10 km² avec bonheur, on aimerait y rester. On s’y sent si bien. Les pyramides sont bien différentes de celles que nous avons vu jusqu’à présent, notamment la « Piramide de los Nichos », où se dévoilent des niches carrées sur chacune de ses façades. Les archéologues pensent qu’il existait initialement 365 niches, ce qui indique que l’édifice aurait pu servir de calendrier. Voilà un site à découvrir absolument… tout simplement magique.
Aujourd’hui, nous avons visité le Centro Ceremonial Otomi, à une trentaine de kilomètres de Toluca. Un passionné de cultures traditionnelles nous a expliqué (pendant un sacré bout de temps…) qu’il s’agissait d’un centre cérémoniel construit dans les années 80 à la demande de la communauté indigène locale, les Otomis, pour qu’ils puissent y célébrer leurs rituels. Il nous a aussi invité à nous ressourcer dans des « Temascal » (bains à vapeurs), et il nous a brièvement expliqué quelques unes des nombreuses croyances indigènes, ainsi que l’importance d’être en harmonie avec la nature et de trouver en soi la paix intérieure, au travers notamment de la méditation. Petit cours d’histoire et de spiritualité donc pour bien terminer le week end.
Il est l’heure de nous quitter, alors on vous envoie des bizoux à tous, en vous souhaitant de passer de bonnes fêtes de fin d’année !
Pierre et Audrey 评论 (1)
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