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1月2日 Destination GuatemalaNous voilà de retour de notre périple aux pays du Quetzal, petit oiseau emblématique du Guatemala que nous n’avons pas eu la chance d’apercevoir. Alors, nous vous envoyons de quoi rassasier votre curiosité sur ce pays bien sympathique.
Comme toujours, quand on part un peu à l’aventure, on ne sait jamais trop où on va mettre les pieds. On a bien une petite idée du trajet, quelques a-prioris sur le mode de vie des habitants mais c’est à chaque fois une surprise en arrivant. Ce voyage n’a pas échappé à la règle. On rentre donc heureux et fatigués, après avoir parcouru un sacré bout de chemin, découvert des trésors, rencontré une ribambelle de joyeux lurons, galéré comme tout bon aventurier en vadrouille, et appris à relativiser sur nos tits malheurs.
Le Guatemala est un pays tout petit, mais fascinant : des paysages à vous couper le souffle, des petits marchés encore traditionnels, des villages perdus au milieu des volcans, le paradoxe d’un tourisme développé au beau milieu d’une majorité indigène ayant su garder langues, costumes et traditions, des sites archéologiques extraordinaires… Un beau mélange donc, assez intriguant tout de même. Nous avons souvent partagé notre route (et certaines galères) avec d’autres touristes rencontrés aux cours de nos escales, parfois pour quelques heures, d’autres pour quelques jours. Mélange de cultures donc : hongrois, italiens, américains, anglais, mexicains, colombien, français, géorgien et quand même un touriste guatémaltèque… Quelques affinités se créent, c’est aussi ce qu’il y a de magique dans les voyages…
Nous avons commencé notre petit périple en avion, histoire de réduire un petit peu le nombre d’heures de bus qui allaient nous attendre… Petit clin d’œil en passant, nous en avons profité pour faire une petite étude de terrain, et, en bons sociologues observateurs que nous sommes, nous avons pu déduire une typologie toute particulière du mexicain qui voyage : il a souvent les yeux bleus, les cheveux et la peau clair, et s’habille comme un américain… Mes métissés de l’hôpital qui ont droit à des soins rudimentaires sont bien loin désormais… Arrivés à Tuxtla Gutierrez, au sud du Mexique, nous sommes impatients d’arriver à destination… Mais tout de même pas près à payer 150 pesos de taxi pour gagner la ville. On croit se faire arnaquer, alors on fait mine de partir à pieds malgré les avertissements des taximans… Nous sommes au beau milieu de nul part, mais nous ne le savons pas… Imaginez-vous donc vos deux blancos, sacs sur le dos, au milieu d’une chaleur désertique, marchant sans trop savoir où aller... Heureusement, un gentil riche mexicain s’arrête pour nous prendre dans sa jolie voiture… Et nous économisons 25 kilomètres de marche à nos chaussures.
Après cela rien ne nous arrête, on enchaîne les bus et les colectivos pendant le reste de la journée, pour enfin gagner la frontière… C’est la première frontière terrestre que nous passons à pied… Et c’est une sacrée expérience ! Nous nous attendions à des militaires pas très rigolos, veillant attentivement sur nos passeports et trouvant la moindre excuse pour nous faire payer une taxe. En réalité, sur une dizaine de kilomètres, à la frontière entre le Mexique et le Guatemala se trouve… un marché ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est un vrai souk, de la musique, la foule qui achète tout au moindre prix… On doit se faufiler dans ce monde grouillant pour atteindre les postes frontières, nous sommes assez ahuris, on doit le dire. Au bout du marché, un vieux bus scolaires américains retapés aux couleurs flashys nous attend… On grimpe dedans après avoir laissé nos valises toutes seules sur le toit. La nuit tombe. Une bagarre éclate dans le bus entre le conducteur et un groupe de jeunes. On s’étonne tous les deux à penser en même temps à la France… C’est bien triste de dire cela, mais ça faisait depuis notre arrivée au Mexique que nous n’avions pas assisté à ce genre de scène. On ne fait pas les fiers quand même, les conflits se résolvent ici dans une sacrée violence. Drôle d’entrée en matière. Et puis la route jusqu’à Huehuetenango, notre premier point de chute, nous parait interminable. Les virages n’aidant pas, j’arrive bien nauséeuse à Huehue… C’est une ville dont on ne gardera que le souvenir d’un hôtel glauque et sinistre. Juste une escale pour y passer la nuit donc.
On part à l’aube et découvrons le système de bus le plus performant de la planète… A peine a-t-on le temps de sortir d’un bus, qu’on nous saute dessus pour rentrer dans un autre. Direction la région du lac Atitlan, considéré comme l’un des plus beaux lacs du monde, car entouré par une jolie chaîne de volcans. C’est vrai, la vue est vertigineuse. On s’arrête d’abord à Solola, un petit village authentique où nous n’apercevons pas un seul touriste. Son marché, fréquenté par les indiens des villages du lac, est coloré et très animé. Les habitants en costume traditionnel ne se préoccupent pas de nous, ils vivent à leur rythme. On s’y promène donc avec régal. On prend le loisir d’admirer les étoffes des locaux, un vrai défilé de mode. Pierre tente son premier tamal et c’est un succès. On reprend la route pour atteindre Panajachel, sur les rives du lac. Emplacement idéal avec vue imprenable sur des volcans aux proportions parfaites. Mais c’est un village touristique et ça se sent… Petites boutiques un peu partout, et on cherche à nous vendre tout et n’importe quoi à trois fois le prix. On décide alors de suivre les conseils du guide et de visiter les villages plus typiques autour du lac… On se rend donc à Santiago Atitlan en lancha (car inaccessible en bus)… Après un voyage bien agréable, on découvre un joli village certes, mais qui n’a rien du typique que nous imaginions. Petite déception donc. On reprend donc assez vite la route pour l’ancienne capitale du Guatemala…
Nous découvrons Antigua de nuit, c’est un peu magique… C’est la veille de Noël et cette jolie ville coloniale est à la hauteur : tous les arbres se sont parés d’une robe étincelante, tout comme les arcades de la Plaza Central et de la cathédrale… Un groupe de touristes chantent des cantiques à la lumière des bougies… Il fait chaud, mais c’est noël et c’est chouette. Le lendemain, nous découvrons une ville aux allures de village, avec des petites maisons colorées, des rues pavées, et des bâtiments coloniaux se fondant dans ce décor majestueux. On s’y promène agréablement quelques heures avant d’entamer la véritable attraction de la journée… Nous partons pour le Volcan Pacaya, un des plus célèbres du Guatemala. On part en excursion organisée, car à écouter les rumeurs, nous mettons gravement nos vies en danger à cause d’agressions soit disant fréquentes de touristes, d’où la nécessité de gardes armés… On se prend donc pour des aventuriers hors pair, risquant leurs vies pour voir un volcan en activité… En réalité notre guide était armé d’une machette… Waouh, avec ça, c’est sur qu’il pouvait plus rien nous arriver ! Equipe dynamique, j’ai peur de ne pas suivre (ce n’est un secret pour personne, je ne suis pas une grande sportive). Mais surprise, avec notre entraînement intensif de haute montagne à Toluca, nous galopons devant. Et oui, le point culminant du volcan est plus bas que Toluca et nous ne sommes donc pas du tout gênés par l’altitude. Pacaya est un volcan en activité, la dernière éruption datant d’il y a quelques années, et la dernière coulée de lave de trois mois. Plus on monte, plus on a chaud. Les pierres volcaniques dégagent une chaleur incroyable. Nous apercevons de la lave, moment magique. Notre cadeau de Noël. Et puis on redescend la montagne en courant, avec un guide bien content de ne pas avoir eu le droit à un groupe de « tortugas ».
Le 25 décembre, l’idée est de traverser une bonne partie du pays jusqu’à Flores. Mais on arrive à Guatemala City et là, pas de bus… Tous les chauffeurs sont partis manger leur dinde en famille. Moi, je ronchonne ce qui n’améliore pas les choses, ça pue la pisse de partout, il n’y a pas un chat dans la rue. Bref, il faut trouver une solution car je n’ai pas l’intention de rester là à attendre… On trouve quand même un terminal de bus qui part pour l’est… On grimpe dedans, c’est toujours mieux que d’attendre dans cette ville toute moche. En regardant dans le guide, on trouve un tit site maya à visiter en route. On s’arrête donc à Quirigua, dans un site perdu au milieu d’immenses bananeraies. On y découvre surtout des stèles bien conservées. Pierre lui découvre une couleuvre et s’amuse donc à la prendre en photo. Puis direction Rio Dulce où nous pensions nous arrêter dormir, la nuit tombant. C’était sans compter sur notre couple d’italiens sachant négocier un minibus pour Flores dans le Peten, alors que plus personne ne circule. Grosse journée de route donc, une dizaine d’heures de bus, entassés les uns sur les autres… L’avantage c’est qu’on voit du pays et que les paysages sont parfois spectaculaires.
Désormais, on a pris le rythme et nous nous levons à deux heures le lendemain matin pour aller observer le lever du soleil à Tikal, « le lieu des échos », le site maya le plus étendu d’Amérique Centrale (16 km² quand même) et inscrit au Patrimoine Mondiale de l’Humanité. Nous commençons par une demi-heure de marche dans la jungle, au son impressionnant des singes hurleurs qui font leur travail comme il se doit. Il fait nuit, et leur cri se laisserait confondre avec le rugissement de félins… En un mot, impressionnant. Et puis on grimpe tout en haut d’un temple géant et attendons patiemment le soleil se lever… Le seul « hic » dans l’histoire c’est qu’il fait tout brumeux et qu’on n’apercevra même pas un petit rayon percé les nuages. Tant pis, ça ne nous empêche pas de parcourir le site enfoui dans une végétation luxuriante, de nous perdre dans le « mundo perdido » et d’apprécier les toucans, singes araignées et une tite bête de la famille des ratons laveurs en liberté dans le parc.
Flores et Tikal, c’est aussi pour nous la galère du jeune voyageur qui n’a pas pensé à garder une centaine de dollars sur lui, « au cas où »… Pour Pierre, le Guatemala a un système bancaire « perfectible ». J’aime cette expression qui désigne la panique du un euro qui vous reste en poche… Plus aucun distributeurs qui fonctionnent dans un pays, ça a quelque chose d’ennuyant pour le touriste… Alors, on trouve l’hôtel le plus pourri de l’île, on mange plus qu’une fois dans la journée, on fait des kilomètres les cheveux aux vents sur un pick up qui a bien voulu nous prendre en stop… Mais malgré nos efforts, les billets ça ne pousse pas dans les arbres et heureusement que Western Union était là (et papy aussi) pour nous sauver…
On décide donc de rebrousser chemin et d’écourter notre séjour… Direction le Mexique avec une petite halte avant a Sayaxché qui se rejoint en lancha. A peine arrivés, on trouve un couple guatemalteco-américain qui cherche à partager une barque pour aller au site d’Aguateca. Nous voilà donc en route sur le fleuve Petexbatun pendant une bonne heure et demie pour rejoindre des ruines perdues dans la jungle. Le site en lui-même n’a rien de très extraordinaire mais le voyage sur le fleuve est dépaysant, avec ses tortues et hérons, et parfois, paraît-il, mais nous ne les avons pas vu, crocodiles… Et nous avons le loisir d’avoir un site rien que pour nous, c’est agréable.
La frontière, c’est à nouveau une expérience. Entre la dernière ville au Guatemala, Bethel, et la première au Mexique, Frontera Coroza, dix-huit kilomètres de chemins de pierre et une lancha à prendre… Des impressions de bout du monde. Ça nous amuse. On rejoint la ville de Palenque avec nos amis de médecins du monde, qui ne sont d’ailleurs pas médecins, et partageons de jolis moments ensemble dans un resto aux proportions gargantuesques (ce qui réjouit Pierre qui a été bien rationné ces derniers jours). En cherchant des hôtels, on croit trouver une chambre dans un hôpital psychiatrique : évidemment c’est pas cher, mais les murs sont blancs, les couloirs n’en finissent pas et les habitants sont plutôt étranges… On comprend par la suite qu’il s’agit des « lacandoniens », habitants de la forêt de Lacandon, aux cheveux longs et la frange nette et portant une tunique blanche, typé camisole. De très bon goût donc. On part en courant.
Et puis c’est le Chiapas et la découverte du site maya de Palenque, notre petit chouchou désormais je crois. Malgré la foule de touristes, les temples, structures et stèles, qui composent ce site magique, nous impressionnent. Nous regrettons juste de ne pas être assez calés en culture et civilisation, car à vrai dire, on commence à tout confondre entre les mayas, aztèques, olmèques, totonèques, and co… On va donc s’offrir un bon guide explicatif pour les visites de nos prochaines pyramides… Et puis, nous nous arrêtons à Agua Azul, petits bijoux de la nature. Des cascades aux chutes impressionnantes qui se déversent dans des bassins d’eau tirant entre le vert émeraude et le turquoise. Avec le bruit de l’eau et ce paysage spectaculaire, nous avons trouvé un vrai petit paradis…
Les dernières pyramides que nous verrons lors de ce séjour seront celles de Tonona, nom qui signifie « maison de pierres ». La particularité réside donc dans le fait que les structures sont faites uniquement de pierres, contrairement aux autres sites qui utilisaient aussi le bois. En réalité, toutes les structures semblent s’empiler pour former une colline de pierre. Site inhabituel donc qui nous a beaucoup plu malgré les difficiles 260 marches de grimpette jusqu’à son sommet, sous un soleil ardent.
On termine notre voyage par les villes de San Cristobal de Las Casas et Chiapa de Corzo. San Cristobal nous rappelle un peu Antigua, avec ses maisons colorées et ses ruelles pavées. Nous y apprécions la visite du Centro de Desarrollo de la Medicina Maya, où sont retracées les croyances et coutumes des médecins indiens du Chiapas. Pas de formules chimiques ici, seulement des prières, de l’encens, des bougies, et des herbes… Si certaines pratiques nous semblent très intéressantes, d’autres challengent nos capacités logiques… Ainsi, faire tourner autour d’une femme entrain d’accoucher une bouteille de pepsi pour la soulager, nous a laissé un peu perplexes. Nous avons aussi découvert un village typique aux environs de San Cristobal, San Juan Chamula. Les habitants tzotziles y ont des costumes qui nous ont amusés : tuniques ou jupes de laine blanche ou noire et foulard blanc autour de la tête… On avait presque l’impression de rencontrer des ours… Mais pas de photos dans ce village et on ne s’amuse pas à bafouer l’interdit (vous comprendrez pourquoi grâce à la petite photo des poupées zapatistes)… Chiapa de Corzo sera notre dernier arrêt. Nous y avions passé le réveillon du 31, appréciant une petite procession dans ce village sans touristes, ainsi que la tradition de la piñata. Point de départ idéal aussi pour le Cañon del Sumidero, que nous avons découvert bien mouillés dans notre lancha (voilà deux mois que nous n’avions pas vu la pluie). Des parois quasi verticales atteignant les 1000 mètres de hauteur nous entourent. Mais malgré ce spectacle, la pluie a eu raison de nous et nous avions bien hâte de retrouver la terre ferme et de rentrer au chaud chez nous, à Toluca. Et puis bon présage pour 2007, nous l’avons commencé dans l’avion, ce qui devrait nous promettre d’autres jolies escapades.
Voilà pour notre petit voyage de Noël, on espère que, pour vous aussi, vos fêtes de fin d’année se sont toutes très bien passées. Et aussi, tout plein de vœux de bonheur pour la nouvelle année. Nous profitons aussi de ce petit mail pour souhaiter la bienvenue sur notre jolie planète à Nathan, qu’on a hâte de découvrir en photo et en vrai bientôt…
Mille gros bizoux à tous…. On vous embrasse bien fort.
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